aslan frank peintre marseille

Avec les peintures de Frank AsLAN, le face à face est réel et durable. Il est étonnant tout ce qu'un animal peut nous faire dire. Il est confondant de penser à ce que nous sommes capables de projeter sur eux comme sentiments, attributs, vertus... Il est encore plus surprenant de découvrir de quelle manière Frank AsLAN les peints.

La vision frontale, "grand angle", on pourrait dire "grande gueule", de tous ces portraits va à l'essentiel de la relation confuse mais aussi esthétique que nous avons avec ces animaux. Je n'imaginais pas, avant de connaître le travail de Frank AsLAN, des chiens narcissiques (ils semblent s'approcher au plus prés du miroir), des phoques et des pigeons renvoyant leur propre image ou bien un morse "là" ou las.

Les représentations habituelles de chiens, peintes ou photographiques, les montrent aboyants, courants, bavants, dépendants et parfois mélancoliques. Mais le narcissisme dont je parle est bien entendu le nôtre ou ce jeu équivoque de relation avec nous mêmes, avec la nature toute entière probablement.

Le trouble de deux choses opposées qui se mélangent. L'humour et la gravité, nos yeux dans leurs yeux, la photographie dans la peinture, notre "humanité" dans leur "animalité".
Le travail pictural de Frank AsLAN est à cet endroit très pertinent et jouissif. Non pas la jouissance d'étaler de la peinture comme de la matière crémeuse, mais celle de voir apparaître une image élaborée, exubérante et achevée.
Par un jeu complexe et paradoxal, le peintre, bien qu'usant de grands formats et d'images fortes, dépose la peinture en texture et surfaces justes, et reste pudique.

Piotr KLEMENSIEWCZ